Episodes de gel :
notre analyse et les perspectives
pour le millésime 2021

Entre le 6 et le 8 avril, la France a été touché par un épisode de gel de manière historique. 80% des vignobles français ont été touché par des températures extrêmes qui auront des conséquences certaines sur le futur millésime 2021. Tour d’horizon et analyse de la situation.

image gelUn sévère épisode de gel a touché de manière historique l’ensemble du vignoble français entre le 6 et le 8 avril. Selon le Comité National des Interprofessions des Vins, 80% du vignoble français a été touché. Tous les moyens mis en œuvre pour lutter contre le gel ont été activés par les vignerons afin de réchauffer l’air autour des pieds de vigne et protéger au maximum les bourgeons : aspersion d’eau, bougies et braseros, éoliennes et même hélicoptères pour brasser l’air chaud et le faire remonter.

Les régions de l’Alsace et du Roussillon ont été un peu épargnées, tandis que d’autres régions ont plus souffert. Le vignoble de Bordeaux a été partiellement touché (à hauteur de 20% environ). La Bourgogne et la Vallée du Rhône ont subi des températures extrêmes allant jusqu’à -5 ou -6 degrés. Jean Soubeyrand, directeur du Domaine Olivier Leflaive, nous précisait ainsi : « Nous n’avons pas eu le temps de faire le tour de 100% du vignoble, mais sur Puligny-Montrachet, certaines parcelles ne produiront pas de vin ». Quentin Chaperon, Directeur du Sourcing et de la Relation Châteaux U’Wine s’est rendu sur place en Bourgogne la semaine dernière auprès des vignerons. Il a pu observer en effet certains bourgeons trop endommagés pour une repousse éventuelle. Dans cette zone fortement touchée, les bougies ont été allumées à partir de 21h pour combattre le froid durant toute la nuit.

Il est encore tôt pour déterminer de manière précise tous les impacts sur le futur millésime 2021. Certains bourgeons permettront une seconde repousse mais cela dépend fortement du stade d’avancement de la vigne (maturité, exposition, présence du « coton », villosité du bourgeon qui le protège du froid) et du terroir (précocité, sensibilité au froid, fraîcheur naturelle…). Les Grands Crus pourront certainement endurer les conséquences d’une faible production pour le millésime 2021 compte tenu de leur solidité et de leur renom, la situation sera en revanche plus compliquée pour les petites propriétés et les vignerons indépendants. Le gouvernement a annoncé l’activation du régime de calamité agricole et lance un plan d’actions pour soutenir financièrement la filière dans les prochains mois.

2021 aura en tout état de cause un rendement plus faible que ces deux dernières années. Cela peut avoir comme conséquences sur le marché des Grands Crus :

  • A moyen terme : lorsque le millésime 2021 sera mis à disposition d’ici 3 ans, ses faibles quantités pousseront les négociants à mettre en avant d’autres millésimes, et en l’occurrence 2019 et 2020. Ceux-ci devraient donc se valoriser, d’autant plus qu’ils présentent une très belle qualité.
  • A long terme : un millésime de petite production peut malgré tout être intéressant en termes de valorisation, à l’instar du millésime 2013. Sa rareté suscitera en effet l’intérêt des acheteurs.