“Spéculer sur le vin, un pari à risque” –
la réponse de U’Wine

Suite à la parution au mois d’octobre de l’article « Spéculer sur le vin, un pari à risque » dans le magazine Le Particulier, U’Wine souhaite apporter une réponse et un nouvel éclairage sur le contenu de l’article.

Commentaires généraux

Tout d’abord, U’Wine remercie Mme SCHMIDIGER d’avoir pris le temps de s’informer, d’étudier et de restituer son point de vue sur l’investissement dans le vin. Nous préférons de loin ce type d’article qui explique et détaille les risques que les articles promotionnels souvent trompeurs. Nous remercions également Mr Frederick HASKELL pour son témoignage qui indique parfaitement l’attitude qu’il faut avoir avec ce type de placement alternatif.

Selon nous, une partie des grands principes sont présents dans cet article, mais il manque l’essentiel : le vin est avant tout un produit de consommation, intégré dans un circuit de distribution et qui suit donc les fluctuations d’un marché de demande et d’offre. Expliquer les mécanismes de distribution du vin, c’est donc expliquer les enjeux et les risques de l’investissement dans le vin.

Le vin ne doit pas être vu comme un produit de spéculation ou vu comme une valeur refuge parce qu’il est et doit rester un produit de consommation. Sur ce principe, investir dans vin c’est chercher à apporter une valeur ajoutée au monde du vin (portage des bouteilles, millésimes à leur apogée, packaging, nouveau circuit de distribution, innovation, histoire, etc.). La performance est donc le fruit de ces valeurs ajoutées perçues par le futur acheteur. Vendre une bouteille d’un investisseur à un autre investisseur n’a aucun sens, c’est purement spéculatif, participe à la création de bulles et détruit un domaine d’activité.

Enfin l’investissement dans le vin est un investissement haut de gamme et il est nécessaire d’assurer une diversification sur les marques et les millésimes. Il ne doit pas également dépasser 5-10% des actifs financiers.

Réponse sur le Zoom : les Bordeaux n’ont plus la cote

Caisse_07Les chiffres nous semblent cohérents, mais trompeurs :

  1. Le principe de tout investissement est la diversification. Il est donc réducteur, d’une part de se réduire aux Premiers Crus Classés et d’autre part, au millésime 2010. Indiquer « Les Grands Bordeaux n’ont plus la cote» est donc faux.
  1. Le temps et la compréhension de l’histoire du millésime sont 2 principes fondamentaux dans l’investissement dans le vin. Le vin est un investissement à long terme. De 2014 à 2016, les marchés ont bien connu une crise (visible sur la courbe) mais il y a d’autres facteurs qui justifient la faible performance du millésime 2010, notamment le fait que le millésime reste encore fermé à la dégustation. En effet, il existe un lien très fort entre la valorisation d’un vin et l’apogée du vin
  1. Enfin, bien sélectionner au départ les vins qui ont le meilleur potentiel de valorisation est la clé de succès n°1. La non-performance de l’exemple ne s’applique pas à tous : la performance du millésime 2010 des clients U’Wine est de 21% net sur la durée totale d’investissement (7 ans). La sélection est donc primordiale.

 Réponse au titre : « Une valeur fragile et fluctuant »

Tout marché comporte des fluctuations, mais indiquer que le vin est un actif d’investissement fragile est faux selon U’Wine.

domaine-du-pavillon-albert-bichot-2_1473685130-BDLe principe de prise de valeur du vin est la rareté à l’origine (pour les primeurs), sa capacité à se bonifier dans le temps, sa rareté avec le temps (dû à sa consommation) et également le fait qu’il soit considéré, pour les Grands Crus, comme un produit de luxe (ce qui permet de rendre acceptable des prix de transaction élevés). Nous appelons ces caractéristiques la « valorisation naturelle » du vin. Attention, ceci ne concerne qu’une très petite partie des vins (moins de 1% des Châteaux/Domaines des grands terroirs). Présenter le vin comme une valeur fragile revient à indiquer que les caractéristiques indiquées vont disparaitre. Or :

  • La production mondiale est stable
  • Il y a de plus en plus de consommateurs de vin dans le monde
  • Les consommateurs boivent moins mais mieux
  • Le marché du luxe reste très performant
  • Enfin, le vin est un actif qui existe depuis plus de 2000 ans et qui, selon nous, restera consommé dans 2000 ans.

Le vin n’est donc pas fragile mais au contraire durable. 

Pour autant, cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de fluctuations. Le marché du vin comprend des cycles, en moyenne, tous les 10 ans, le dernier cycle étant 2014-2016. Cependant, c’est la distribution du produit qui se restructure, et non le produit qui connait une rupture. Enfin, il y a des fluctuations par marque dues aux effets de mode, à la robustesse de la marque sur les marchés (qualité de la distribution). 

Le risque de volatilité sur un investissement de vins livrables et à court terme est supérieur à celui d’un investissement sur les vins primeurs et à long terme, parce que l’achat primeur sécurise la compétitivité du prix d’achat. Le modèle U’Wine est lui basé sur un achat de vins en Primeurs, assurant un minimum de risque de volatilité.

Investir dans le vin n’est absolument pas un pari. Il n’y a pas de hasard. La distribution de vin est un marché très mature. Il y a des règles à respecter, des choix à faire qui comprennent plus ou moins de risques, mais ils sont connus au départ et on peut les maitriser.

U’Wine connait lors de l’achat :

  • Le degré de liquidité de la marque : on sait si le vin est commercialisé ou non sur les grandes places et avec quel volume.
  • Le potentiel naturel de la marque : il suffit de comparer le prix d’achat avec les historiques des prix d’un millésime équivalent sur une période donnée.

Ce que l’on ne sait pas, c’est le « quand ? ». Quand le millésime va t’il commencer à se déguster ? À partir de ce moment-là, il suffit d’attendre car le vin va, à un moment ou un autre, aller vers sa valeur d’apogée.

Réponse au titre « Bordeaux contre Bourgogne »

domaine-long-depaquit-albert-bichot-3-BDCe n’est pas la part de vins de Bordeaux qui a diminué mais le Liv-Ex qui s’est développé en se diversifiant sur les autres régions, à juste titre car les Grands Vins n’existent pas qu’à Bordeaux. Bordeaux représente 60% du marché global des Grands Crus, qui représente lui-même 6 milliards d’euros d’échanges chaque année. Le constat sur les Primeurs 2017 est vrai, mais de nouveau, cela ne concerne pas tous les vins… de même que pour le millésime 2010. Enfin, résumer la Bourgogne au Domaine de La Romanée Conti, c’est réduire Bordeaux à Petrus, ce qui est un non-sens.

Investir dans les vins de Bourgogne ou des vins d’ailleurs revient à investir dans les vins de Bordeaux. Les points de vigilance sont identiques, avec une ventilation différente du risque.

Réponse au titre « Diversifier sa cave »

U’Wine prône la diversification d’une cave sans hésitation, il existe de nombreuses régions avec beaucoup de talents dans lesquels il faut croire et qu’il faut accompagner dans leur distribution. La Vallée du Rhône, le Languedoc sont ainsi des régions en plein boom.

Réponse au titre « des gestionnaires sous surveillance »

Logo AMF- petitIl existe beaucoup de gestionnaires de cave, dont les modèles sont plus ou moins en accord avec la réglementation existante et sont sous surveillance de l’AMF (Autorité des Marchés Financiers). Il est réducteur de se limiter à l’examen de ces seuls acteurs. Les placements alternatifs permettent une diversification patrimoniale et d’avoir un investissement porteur de sens et plaisir. La régulation est aujourd’hui en place ; les acteurs n’ayant pas d’enregistrement AMF ne sont théoriquement pas autorisés à commercialiser leur offre. Ceux-ci n’ont souvent pas mis en place de processus de conformité des ventes et des stocks (indispensables pour prouver la propriété des vins). Enfin, le modèle économique d’un prestataire à l’autre est différent, les niveaux d’exigences et de services aussi. Il est important de comparer pour se faire sa propre opinion.

Pour conclure, le risque à retenir est la liquidité.

  • Risque de liquidité lors de la revente.
    1. Attention, le vin n’a pas de cotation officielle. La cotation des vins doit être une cotation liquide.
    2. La liquidité ne peut être apportée que par une revente sur les places de marché des professionnels (Bordeaux, Londres, Hong-Kong). Tout autre canal de vente peut être également développé mais doit apporter une surperformance, sinon cela n’a aucun intérêt.
  • Risque de liquidité lors de l’achat du vin. Certaines pépites (hors de Bordeaux notamment) ont un potentiel de performance important, mais sans marché professionnel à la date d’achat. Si la sélection est bonne, cette situation peut changer d’ici 5 à 10 ans (cf. les exemples cités sur les vins de la Loire, Vallée du Rhône et Languedoc).
  • Pendant les crises, le vin est un actif illiquide. Rien ne sert de baisser le prix, il n’y a juste plus de clients. Il faut donc se montrer patient.

 Les facteurs clefs de succès U’Wine d’un investissement dans le vin :

Performance

  1. Sélectionner un vin dans lequel on croit durablement.
  2. Bien acheter (limiter les intermédiaires, favoriser l’achat des primeurs) et diversifier son portefeuille sur les marques, les régions et les millésimes.
  3. Apporter de la valeur ajoutée à l’actif : portage des bouteilles pour rechercher la rareté du millésime, vente de millésimes à leur apogée de consommation, packaging, nouveau circuit de distribution, innovation, histoire, etc.
  4. Évaluer le coût global de l’investissement (frais, fiscalité).
  5. Être patient et accepter les évolutions de marché d’un millésime à l’autre.

Protection

  1. Maitriser la revente, éviter les plus-values spéculatives et coter ses vins sur des valeurs d’échange entre professionnels (seule référence liquide).
  2. Verrouiller tous les aspects réglementaires, juridiques et s’assurer de la propriété réelle des actifs.
  3. Avoir confiance : recommandation, renommée.

Plaisir

  1. Se créer une cave et financer sa consommation en revendant une partie de sa cave (si atteinte d’une performance financière).
  2. Vivre une expérience.